D’aucuns prétendent, légèrement mauvaises langues
sur les bords et avec toute la mauvaise foi nécessaire, que l’unique raison de
s’intéresser à NARROWS est liée à la
présence dans ses rangs du chanteur Dave Verellen – l’ex hurleur des mythiques Botch. Autant affirmer pendant qu’on y est que sans Verellen Narrows, groupe fondé aux alentours de 2008, ne tiendrait absolument pas la route et ne serait qu’une pauvre petite formation de bouseux comme tant d’autres… Allons bon, on ne va pas vous refaire une nouvelle fois le coup du super groupe et des
vétérans au savoir ancestral mais il n’y a pas que des bouts de Botch dans
Narrows, on y trouve également un petit peu de Some Girls et de These Arms Are
Snakes c'est-à-dire pas vraiment n’importe qui non plus.
Pour se convaincre il suffit juste de s’enfiler Painted, le deuxième album du groupe
publié cette année par Deathwish Inc. Du hardcore très sombre et très lourd, bien
plus rampant que chaotique, plus visqueux que frénétique et, donc, d’excellente
facture et d’un haut niveau. Narrows privilégie plutôt les mid-tempos soutenus et
parfois les tempos lents – les introductifs et excellents Under The Guillotine et TB
Positive sont les titres les plus rapides de l’album –, multiplie les
barrières de riffs infranchissables et ménage son groove grâce à une paire
rythmique impériale (écoutez bien les énormes lignes de basse, de la pure
incitation à headbanger).
Or Narrows a plus d’une corde à son arc : le
groupe est aussi capable de mélodies catchy et terriblement imparables (Absolute Betrayer est un hit absolu) ou
multiplie les ambiances (un peu d’atmosphères industrielles sur Greenland avant de sombrer vers le côté
obscur). L’album se bonifie inexorablement avec le temps c'est-à-dire que si
les deux ou trois premières écoutes sont extrêmement convaincantes, les
suivantes persuadent sans difficulté que Painted
est tout simplement un excellent album de hardcore sans concession, massif mais
jamais inutilement hystérique ou stupidement démonstratif et sportif. Ça suinte
à chaque instant et on peut s’émerveiller qu’un tel disque soit sorti des
entrailles de cinq musiciens qui ne sont plus vraiment des gamins, qui ont tous
une famille et une vie palpitante en dehors de la musique et pour qui Narrows constitue
un plaisir certain mais reste une activité annexe et sûrement pas à temps
plein.
Et maintenant c’est la minute du geek : SST conclue Painted de fort belle façon mais tout n’est pourtant par réellement
terminé car un locked groove bloque la tête de lecture de la platine et
dissimule un mystérieux titre bonus à la fin de la seconde face du disque… **** *** ****** est présenté comme une
composition de Steven Morrissey et
Martin James Borer et il s’agit en fait d’une reprise du Jack The Ripper de Morrissey, comme quoi tout est possible en
ce bas monde.
Painted a été pressé en vinyle blanc, bleu ou gris
par Deathwish Inc., fais-ton choix
camarades.