lundi 27 février 2012

Report : The Good Damn et OTTO aux studios PWL - 23/02/2012





Le concert surprise de la semaine. Et une bonne occasion de la ramener (un peu) et de se la raconter (beaucoup)*. Lorsque il y a quelques jours est arrivé ce mail parlant d’un concert « privé » aux Studio PWL avec à l’affiche The Good Damn et OTTO, mon cœur a tout simplement fait un bon terrible. On sait bien que c’est l’un des guitaristes des Good Damn qui s’occupe des studios PWL et comme les OTTO sont de leurs amis et qu’ils effectuaient alors une mini tournée de trois ou quatre jours dans la région (le 24 février à Chambéry, le 25 à Annecy et le 26 retour à Lyon, à l’Epicerie Moderne), l’idée de ce concert un peu spécial et en guise de préambule a germé tout doucement mais sûrement. Il s’agissait également pour The Good Damn de profiter de l’occasion pour présenter quelques uns de ses tout nouveaux titres.
On le comprend, voilà une invitation qui ne pouvait réellement pas se refuser… et donc, jeudi 23 février, direction Lyon Vaise, ses embouteillages, son cinéma multiplexe inutile puis arrivée au PWL où déjà je m’émerveille des vieilles bécanes qui hantent le studio. Le concert va lui se dérouler dans la cave (les concerts dans des caves ce n’est pas comme si on n’en avait pas l’habitude à Lyon depuis les déboires de Grrrnd Zero) et The Good Damn a décidé de jouer quasiment dans le noir, uniquement éclairé par des petites bougies placées dans les aspérités du mur. Un vrai cauchemar technique pour qui tenterait de prendre des photos.



L’idée de dévoiler à un parterre d’invités (vieux amis du groupe, connaissances en tous genres mais tous amateurs de musique) des nouveaux titres encore en plein process était une très bonne idée. Or, dans l’esprit, il ne s’agissait que d’une présentation toute simple alors que nombre de personnes s’attendaient sûrement à un véritable concert en bonne et due forme. The Good Damn n’aura donc joué que trois titres (que j’ai beaucoup aimés, particulièrement le dernier), cueillant le public un peu à froid – peut être eut-il mieux valu jouer d’abord deux ou trois compositions anciennes et (re)connues pour chauffer tout le monde, y compris les musiciens du groupe, puis présenter ces nouveaux titres et terminer enfin, parce que c’est bon aussi de se faire mousser, sur l’un des titres phares de l’album I Can Walk With My Broken Leg (au hasard : The Hill ou Self Made Man).
Mais il n’en fut pas ainsi et il y a eu une certaine frustration. Ce qui n’a pas empêché d’écouter et d’apprécier trois nouvelles compositions (donc), trois compositions peut-être plus psyché, moins axées sur le swamp et le blues. The Good Damn essaie visiblement de varier un peu ses atmosphères et cela va bien au groupe. Il y avait ce titre très étonnant avec du mellotron et surtout le guitariste/chanteur du groupe délaissant pour la première fois sa guitare pour s’installer derrière un clavier. On sent les idées nouvelles qui fusent mais qui respectent aussi (peut-on réellement le formuler ainsi, ça je n’en suis pas très sûr) tout ce que The Good Damn a déjà accompli jusqu’ici.




Ce que tout le monde n’avait donc pas réellement compris, c’est que cette soirée était avant tout un concert d’OTTO. Inviter un groupe que personne ne connait sur Lyon alors que le groupe en question est constitué d’amis et dans le seul but de le faire connaitre à d’autre amis était vraiment une belle initiative et une belle façon de faire de la part de The Good Damn. Mais je regrette encore que tant de personnes aient rapidement quitté la cave pour discuter à l’air libre ; par contre toutes celles et tous ceux qui sont restés ne l’ont pas regretté.
Il est plutôt difficile de trouver les mots justes pour expliquer que l’on a vraiment aimé un concert. Mais par contre dans ce cas précis j’ai trouvé dès le lendemain et complètement par hasard une bonne petite méthode de substitution, une méthode détournée bien sûr… en réécoutant le CD qui regroupe les démos/EPs de OTTO** je me suis donc aperçu que le concert de la veille avait effacé les quelques idées trop préconçues exprimées il y a presque un an à propos de ce beau disque et qu’il avait même éliminé les petites réticences exprimées alors. C’était à la fois comme une confirmation et comme une redécouverte.




La principale chose c’est qu’OTTO n’est pas un groupe aussi sérieux que sa musique pourrait le laisser croire. Ce sont même des sacrés déconneurs et ils sont plus inconscients (innocents ?) que sciemment tarés et pas du tout poseurs***. Les projections (diapositives et calques sur rétroprojecteur) font partie intégrante d’un concert d’OTTO : le jeune homme qui manipulait tout ce matériel chantait même de temps à autre, pas vraiment pour lui, non, plutôt suffisamment fort pour être entendu de tous (le bassiste et le batteur du groupe faisant la même chose). Il y avait alors dans l’air comme une ambiance de chants de marins, une sorte de mélancolie braillarde telle que les Movie Star Junkies savent eux aussi si bien la pratiquer. On pourrait également parler de ce titre interprété avec le batteur et le bassiste jouant des percussions au milieu du public.
Et puis il y avait tout cet attirail, ce patafatras invraisemblable d’ustensiles, de percussions additionnelles, de pédales d’effet trafiquées, de bricolage divers. On pouvait déjà soupçonner la présence de tout ceci en écoutant les enregistrements mais à voir en vrai cela devenait presque incroyable. On se serait cru en face de l’étal d’un chiffonnier au marché d’Argenteuil avant guerre avec en exposition à peu près tout et n’importe quoi mais que des choses parfaitement à leur place car possédant toute une utilité propre.

Quant à la musique d’OTTO et bien je n’ai rien à rajouter sur tout ce que j’en ai déjà dit auparavant : belle, forte et déglinguée. Et parfaite jusque dans ses moindres défauts, terriblement mais magnifiquement humaine, donc.

* et inversement
** des enregistrements que l’on peut également écouter sur bandcamp, ici et
*** enfin si… juste un tout petit peu mais on sentait là comme une part de jeu qui donnait plutôt envie de rire