jeudi 20 septembre 2012

Zulus / self titled




Avec un artwork vraiment affreux et digne d’un chef-d’œuvre de fin d’études par un élève en CAP d’histoire de l’art, on ne peut pas dire que les ZULUS ont décidé de mettre tous les atouts de leur côté. Comme l’url du site officiel du groupe l’atteste, Zulus est également basé à New-York et même à Brooklyn – et oui, encore un.
Ce disque sans titre est le premier véritable album de Zulus après deux petits singles. Un album très court, dépassant à peine la vingtaine de minutes et dévoré par une réverb omniprésente qui noie le chant sous une masse informe façon blob amateur de gloubiboulga ou body snatcher boulimique. Un peu comme si le préposé ou les préposés au micro chantaient avec une patate coincée au fond de la bouche depuis le fin fond d’un puits de mine à charbon. Malgré tout on arrive à discerner qu’effectivement ces garçons ne peuvent pas faire grand-chose avec leur voix et donc on comprend parfaitement qu’ils veuillent les masquer ainsi. Mais trop c’est trop et le niveau de reverb utilisée n’a aucune chance de passer pour une quelconque marque de fabrique mais bien pour le cache-misère qu’il est dans la réalité.
C’est dommage parce que le reste est plutôt bien. Comme son nom ne l’indique pas Zulus n’est pas un énième groupe influencé par les zookeries indigestes d’Animal Collective and C° mais sort allègrement les guitares pour une sorte de punk éjaculateur précoce, arty, survitaminé et plutôt garage. L’esprit de John Dwyer pourrait planer au dessus de ce disque si les compositions étaient vraiment à la hauteur mais cela ne semble pas non plus être le principal souci de Zulus qui privilégie plutôt l’énergie brute et le va-comme-je-te-pousse avec une jubilation certaine. On pourrait également penser aux très regrettés A-Frames si le son de disque bavait beaucoup moins sur les bords. On citera enfin Sonic Youth et les affreux Liars dont les influences respectives sont des plus palpables sur Death In The Current.
En fait on a surtout l’impression que Zulus se cherche encore. Le groupe a beaucoup de bonnes idées, des idées qui permettent de penser qu’il y a là un potentiel certain et chargé d’un avenir peut-être radieux. Mais maintenant il va falloir confirmer tout ça, il va falloir affiner les compositions, changer de pédales d’effet (ou de chanteur) et sortir de l’option bordel sans queue ni tête. Prometteur, donc.

Ce disque est publié en CD digipak et en LP par Aagoo records.