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dimanche 11 août 2013

Et maintenant : rien




C’est l’été, il fait chaud, il fait soif et toute l’équipe rédactionnelle de 666rpm vous souhaite, bande de lecteurs, un mois d’août caniculaire et mortellement ennuyeux.

Ici on va profiter de quelques vacances bien méritées pour réécouter des vieux disques et même encore plus : l’aventure Heavy Mental s’arrête, sans regret.

Quelques excuses s’imposent tout de même pour les groupes ou labels qui ces dernières semaines ont envoyé des disques promos et qui espéraient sans doute une chronique mais aucun remboursement ne sera accordé aux personnes lésées. Life is a bitch.

Heavy Mental c’était mieux avant.

jeudi 8 août 2013

Retox / YPLL




Comme tu le sais peut-être déjà, cher lecteur, RETOX est le super-groupe monté par Justin Pearsons pour pallier au ralentissement d’activité voire à la mise en sommeil prolongé de The Locust, le projet principal du monsieur depuis environ une quinzaine d’années. Une sorte de cure de jouvence et un retour aux sources puisque Retox est avant tout le tenant d’un hardcore survitaminé, décomplexé et débarrassé de tout artifice inutile : Pearsons n’y fait que chanter et le line-up de Retox ressemble à n’importe quel line-up de groupe de hardcore de base (chant/guitare/basse/batterie). Les quatre membres de Retox se sont même amusés à poser sur le perron d’une maison, imitant une célèbre photo de Minor Threat prise quelque trente années auparavant par Glenn E. Friedman.
Et les comparaisons ne s’arrêtent pas là : YPLL, deuxième enregistrement officiel de Retox après un Ugly Animals encore plus lapidaire, enchaine douze compositions en à peine une vingtaine de minutes – hardcore, toujours. Sauf que nous sommes en 2013 et que les membres de Retox, tout en bénéficiant de l’accumulation d’un savoir-faire historique, ont à leur portée toute cette technologie musicale moderne qui aiguise dangereusement les angles et durcit encore plus leur son, à défaut de leur permettre de ne pas répéter trop bêtement et trop studieusement le passé. Certains plans de guitare peuvent faire penser à du Dead Kennedys/East Bay Ray pur jus (le pseudo solo gorgé de reverb de Mature Science) et ailleurs on notera tel riff emprunté ou tel break déjà entendu mille fois mais, globalement, YPLL est bien ce disque réjouissant et rafraichissant.
Rafraichissant ? Mais oui : même si YPLL est parait-il l’abréviation de « Years Of Potential Life Lost », un titre qui dénote de ce sens du sarcasme toujours très présent chez Pearson et même si l’album contient par ailleurs des titres aussi édifiants que Don’t Fall In Love With Yourself , The Art Of Really, Really Sucking ou Biological Process Of Politics, voilà un disque qui, pour l’auditeur en mal de violence et d’agression musicales, se place uniquement sur le plan du divertissement. Un disque à l’énergie savamment ripolinée, où l’abus électricité n’entraine pas de court-circuit hystérique, où chaque chose est systématiquement à sa place (sauf le chant mis un peu trop en avant dans le mix) et qui révèle un savoir-faire certain. Peut-être paradoxalement, YPLL est un disque vraiment « cool », en ce sens qu’il procure une bonne petite dose de plaisir stéréotypé et d’adrénaline hormonée. Le disque d’une jeunesse à laquelle on essaie de se raccrocher, malgré tout. Et ça tombe bien puisque l’été est enfin arrivé.

[YPLL est publié en vinyle et CD par Three One G et Epitaph – la version LP comprend le CD en bonus]




[cette chronique à lire avec l’air blasé du type qui a déjà tout vu et tout entendu, vous pouvez également la découvrir dans le #17 de Noise mag, disponible depuis quelques jours déjà]

dimanche 4 août 2013

Woman / self titled


C’est en dégustant une fois de plus Sweaty Hands, le deuxième (formidable) album de Degreaser, que cette envie irrépressible de réécouter le premier album de Woman s’est fait ressentir. Impérieusement. La raison d’une telle envie est toute simple bien qu’une chouïa tortueuse : le bassiste de Degreaser s’appelle désormais Kristian Brenchley, lequel est également guitariste – et un peu chanteur – chez Woman. Et qu’il ne joue pas sur Sweaty Hands n’est pas bien grave puisqu’il jouera finalement sur le troisième album de Degreaser.
Mais revenons-en à WOMAN*. Et au premier album du groupe, publié en 2009 par Bang! records. Ce n’est pas sans un certain sentiment de dépit que je me suis aperçu que ce disque, ô combien essentiel à tout amateur de – on peut choisir mais quand on est tout cela à la fois c’est encore plus simple – de noise-rock, de swamp rock, de blues punk et d’une manière générale de toutes ces saloperies qui pullulaient dans les 90’s et qui reviennent de plus en plus à la surface de nos jours, bref, donc, c’est avec effroi que je me suis aperçu que le premier album de Woman n’avait jamais été chroniqué dans les colonnes de 666rpm**. Est-ce que par hasard j’aurais effacé la chronique par erreur ou même par esprit révisionniste ? Non. Est-ce que cette même chronique aurait disparu en compagnie de quelques milliers d’autres fichiers lors d’un éventuel crash de disque dur avant d’avoir pu être postée sur internet ? Non plus.
Je n’ai absolument aucune excuse de n’avoir jamais parlé de ce disque essentiel. Alors voilà, c’est l’été, la bière est tiède et il n’est jamais trop tard, les chroniques des « nouveautés » attendront leur tour*** et, puisque presque quatre années plus tard ce disque me fait toujours autant d’effet, parlons-en, ne serait-ce qu’un peu.





Ces types ont beau être basés à New-York (du côté de Brooklyn), ils n’en sont pas moins australiens dans l’âme et même de sang puisque Brenchley est réellement un émigré en provenance du pays des kangourous et des groupes de hard rock qui jouent du boogie déguisés en tenue d’écolier de douze ans. Et quoi qu’il en soit il y a beaucoup de musique australienne cher Woman. De ce rock sale, puant, suant, collant et méchant. Un petit côté Scientists**** par exemple mais pas que. La seule influence supposée que je n’arrive pas à dégotter chez Woman c’est Birthday Party et tous les trucs à la Rowland S. Howard/Nick Cave*****. Mais si vous aimez tendrement Killdozer (originaires eux du Wisconsin/US) et surtout les Lubricated Goat (ces derniers sont par contre tout ce qu'il y a de plus australien), c’est-à-dire les tenants d’un noise-rock aussi dégueu que braillard et sexuellement transmissible et bien Woman est fait pour vous.
Tout ici remugle l’eau de vie frelatée et l’odeur de tabac froid, je ne dis pas ça que pour le chant réellement spectaculaire de Brett W. Schultz qui doit consciencieusement se racler les cordes vocales à la laine de verre calibre 35 depuis l’âge de quatre ans mais ce simple constat concerne tout le groupe et l’intégralité de ce premier album. Et puis, tiens, en parlant de gnôle et de tabagisme actif, quand j’écoute mon titre préféré du disque, Goal Inside My Heart, je me dis qu’il y a également du Beasts Of Bourbon chez Woman (et les Beasts Of Bourbon sont encore un groupe australien). Dernières traces de sperme décelées chez Woman : un peu de Stooges comme sur le titre Fall Into The Fall. Et puis il y a aussi cette façon de triturer les guitares, de les pourrir au bruit blanc et on verra là sans doute l’influence du lieu de résidence de Woman (Brooklyn rappelons-le) d’autant plus que c’est Martin Bisi qui s’est occupé de l’enregistrement de ce disque. Un grand bon petit disque, rappelons-le encore une fois.

Cette chronique extrêmement tardive a-t-elle une quelconque utilité ? J’ose espérer que oui. D’abord parce que depuis le temps (2009), j’étais tout bonnement persuadé que Woman avait splitté (une information que j’avais peut-être dégottée sur ce webzine ventripotent expatrié en Californie) ; ensuite pour celles et ceux qui connaissaient déjà Woman et qui ont déjà ce disque, peut-être auront-ils/elles envie de le réécouter à  nouveau ; et puis pour tous les autres, qui ne connaissaient pas ce groupe, sachez qu’il est encore temps : Bang! Records – label basé au pays basque espagnol – en a encore quelques caisses à revendre. Et surtout ce même label annonce également la parution du deuxième album de Woman pour au plus tard la fin de l’année 2013… Je ne tiens déjà plus en place******.

* tu veux vraiment un lien internet ? et bien en voilà deux : un qui ne sert plus beaucoup de nos jours myspace.com/womannyc ; un autre qui jour ne servira plus beaucoup non plus facebook.com/WOMANNYC
** moi aussi je récupère mes infos et mes idées de chroniques chez Perte & Fracas, qu’est-ce-que vous croyez ?
*** j’ai quand même une sacré pile de disques promotionnels de merde qui s’accumulent depuis quelques temps… heureusement la poubelle n’est pas très éloignée
**** au passage signalons que Bang! records a également réédité l’album Rubber Never Sleeps, un double album live que le groupe de Kim Salmon avait publié en cassette et en 1985 chez Au Go-Go
***** par contre quand on regarde la photo à l’intérieur de la pochette gatefold de ce disque, on tombe nez à nez avec quatre types tout de noir vêtus, hirsutes et d’apparence bien chargés, des petits frères de Birthday Party, précisément
****** je m’engage solennellement ici à chroniquer le prochain album de Woman avant le 31 décembre 2014 (quoique... )

mercredi 24 juillet 2013

Cause & Effect - volume 1


Il semblerait bien, face à la crise économique qui s’éternise*, que les seules échappatoires pour les maisons de disques qui veulent s’en sortir financièrement soient, premièrement, de vendre des éditions vinyles de plus en plus chères et/ou, deuxièmement, de jouer la carte de l’objet. L’un ne va pas sans l’autre vous me direz – quoi que dans certains cas, ces éditions vinyles chargées en couleurs dégueulasses sont tout sauf belles – mais en ce qui concerne Joyful Noise Recordings, label montant de la scène indé US et basé à Indianapolis, c’est souvent la deuxième option qui prime. Joyful Noise Recordings ne se contente pas d’avoir un catalogue comprenant quelques références parmi les plus bandantes du moment, le label soigne également ses productions toujours avec (bon) goût.
Intéressons nous donc à ce CAUSE & EFFECT Volume 1 qui comme son nom l’indique est une compilation. Une compilation sous la forme d’un triple 7’. Chaque galette accueille deux groupes ou musiciens et est gravée dans un plastique bicolore, moitié transparent et moitié noir**. Les trois disques sont emballés dans une surpochette et retenus par un obi sur lequel est écrit à la main le numéro de chaque exemplaire puisque Cause & Effect est un tirage pas très limité à 2000 – oui, deux milles – exemplaires.
Première galette. C’est LOU BARLOW qui ouvre la marche (funèbre) avec Crack And Emerge. Comme tous les heavy métalleux des 80’s passés par le punk, la cold wave, la musique industrielle et reconvertis dans le noise-rock puis le free-jazz et l’Idm, je n’ai jamais pu encadrer les geignardises de ce cher Lou qui depuis au moins vingt ans passe son temps à se rabattre la queue entre les jambes et à pleurnicher parce qu’il s’est encore fait larguer par une meuf sans cœur. Ce type doit en plus aimer le pastis***, c’est pas possible autrement.
De l’autre côté on trouve un groupe du nom de DUMB NUMBERS pour un titre intitulé Last Night I Had A Dream avec l’australien Adam Harding à la guitare et au chant, Lou Barlow à la basse et Murph à la batterie. Vous avez dit Sebadoh ? C’est ballot parce que je n’ai jamais aimé ça non plus, exactement pour les mêmes raisons que celles qui me font assassiner Lou Barlow à chaque fois que le croise au drive-in du coin. Dumb Numbers = même pas en rêve, surtout que cette chanson figurera sur l’album sans titre que le groupe s’apprête à publier.




Deuxième galette. Ce grand dadais de THURSTON MOORE nous délivre un Gleo tiré d’une improvisation free-noise-machin-truc enregistrée avec le batteur John Moloney. Ça ressemble à rien ou plutôt, si, cela ressemble à du grand n’importe quoi mais c’est ça que j’aime chez Thurston, lorsqu’il se branle la nouille et astique le manche de sa guitare pour faire du bruit. Par contre je n’aime pas celui de certains derniers albums de Sonic Youth, ce groupe de vieux jeunes. Ce titre très brut devrait rester inédit.
Sur la face B il y a l’un des meilleurs groupes new-yorkais actuels c’est-à-dire TALK NORMAL. Le problème est que Shot This Time figure déjà sur Sunshine, l’excellentissime deuxième album du duo. Bon… si au moins cela donne envie aux retardataires de s’intéresser enfin à Talk Normal, voilà qui est un moindre mal car voilà l’un des rares groupes qui a réussi à digérer l’héritage de Sonic Youth (le vrai, celui des années 80) et à en faire quelque chose de vraiment intéressant et de vraiment bon.
Troisième et dernière galette. DAVID YOW en solo pour un titre – Thee Itch – qui figurera sur le premier album de ce grand monsieur et parait-il enregistré depuis des années, un Tonight You Feel Like A Spider à paraitre chez Joyful Noise Recordings avec plein de packagings différents, dont un construit à base d’une pierre taillée et gravée. Ici on adore Jesus Lizard mais on doit aussi avouer que si ce Thee Itch n’avait pas été enregistré par David Yow, on n’aurait même pas essayé de l’écouter jusqu’au bout. Il n’y semble-t-il rien de pire que ces chanteurs/performers qui se mettent à composer et à avoir des idées. Qu’ils se les gardent.
Dernier groupe et dernière face avec les géniaux CHILD BITE. Abysmal Splatter est un titre tiré du 10’ Vision Crimes et déjà réédité sur un LP comprenant également Monomania, un autre 10’ de Child Bite. On ne rajoutera rien à tout le bien que l’on pense de ces deux disques et de ce groupe, un ramassis d’enragés inventifs coincés quelque part entre les Dead Kennedys (un peu) et Jesus Lizard (beaucoup). Un must.
C’est l’heure des comptes et le résultat est guère brillant : sur six titres seuls deux sont ou resteront inédits. C’est bien trop peu. Alors on recommence à compter : sur six titres seuls trois sont vraiment excellents. C’est encore bien trop peu. Et en ce qui concerne ce nom un peu pompeux de Cause & Effect il répond à la logique suivante : chaque musicien ou groupe de chaque face A a influencé celui de la face B. Tout cela est d’une limpidité indiscutable… Lou Barlow/Dumb Numbers, Thurston Moore/Talk Normal et David Yow/Child Bite, l’idée est bonne mais sa concrétisation reste uniquement au stade des bonnes intentions. On verra bien s’il y aura une amélioration l’année prochaine puisque Joyful Noise Recordings a l’intention de publier un nouveau volume de Cause & Effect tous les ans, histoire donc de faire connaitre un peu mieux son catalogue grandissant…

* soit dit en passant, une crise économique qui s’éternise depuis plus de trente années (au bas mot) ce n’est plus du tout une crise mais un mode de fonctionnement systémique propre et intrinsèque au modèle économique dominant l’économie mondiale
** ce qui ressemble à la définition chromatique du seul cocktail que j’ai jamais réussi à boire de ma vie : vodka et liqueur de café (plus évidemment de la glace pilée) – comme chacun sait, la vodka est une boisson d’homme qui normalement se boit pure, pas comme cette merde sudiste de Pastis mais le Nuage Noir, Black Russian pour les anti-Lebowski, est la seule exception à cette règle pourtant inébranlable ; pour en revenir à la couleur de ce triple single, il existe également en vinyle moitié transparent moitié argenté, ce qui est la couleur d’aucune boisson de ma connaissance, même non alcoolisée
*** qu’est ce que je disais…

lundi 22 juillet 2013

Report : Cougar Discipline et Totale Eclipse à Buffet Froid - 15/07/2013




Il n’y a pas à dire : on se fait royalement et sincèrement chier au mois de juillet, à Lyon. Pas le moindre petit concert à se mettre entre les oreilles, pas le moindre truc excitant à faire mais par contre des invitations en-veux-tu-en-voilà pour aller boire des menthes à l’eau à des terrasses de bars qui passent de la musique abominable, des invitations pour manger de la viande de cheval cuite au barbecue ou d’autres encore pour aller piquer une tête dans une piscine appartenant à un ami d’un ami d’un ami… et faire semblant d’avoir le plaisir de rencontrer des gens nouveaux pour connaitre la joie éphémère de pisser dans leur eau de javel.
Alors lorsque la nouvelle d’un concert de dernière minute de Totale Eclipse est parvenue jusqu’à mes oreilles, un concert fort judicieusement organisé le lundi 15 juillet dans la cave de Buffet Froid, je n’ai pas trop hésité non plus, sachant que cette occasion serait sûrement la dernière jusqu’à la toute fin du mois d’aout. Qu’il parait loin déjà le temps où Grrrnd Zero arrivait malgré tout à organiser quelques concerts pendant l’été…




Initialement la première partie prévue consistait en un « solo de violoncelle ». Programmation culturelle. Fort heureusement le (la ?) violoncelliste s’est désisté(e) et au dernier moment c’est COUGAR DISCIPLINE qui a été chargé de chauffer l’ambiance et de rameuter encore un peu plus de monde. La soirée s’annonçait donc excellente. Et j’aurais vraiment voulu et aimé raconter que les trois Cougar Discipline ont réellement cassé la baraque, qu’ils ont joué des nouveaux titres fantastiques, que le son était énorme, que la tension était à son maximum, que les gens dans le public étaient à bloc et chauds comme la b(r)aise et que tout ça s’est achevé dans une orgie over-sonique d’ultra-violence et de sexualité débridée.
Malheureusement, la réalité fut tout autre : alors que le concert semblait très bien parti (avec un chanteur en grande forme), une odeur de cramé a rempli la cave de Buffet Froid. Ampli guitare grillé. Le temps de se rebrancher sur un des amplis de Totale Eclipse, de régler comme on peut le son sur du matériel que l’on ne connait pas et Raf, toujours en grande forme je vous le dis, en a profité pour interpréter quelques vieux airs de Julio Iglesias ou d’Eddy Mitchell de sa plus belle voix de crooner possible. Au moins ça a mis tout le monde de bonne humeur – à croire qu'effectivement tout le monde buvait de la menthe à l’eau ce soir là – et lorsque Cougar Discipline a recommencé à jouer, chacun a cru que cette deuxième fois était la bonne. Jusqu’à ce que le guitariste – maudit parmi les maudits – casse le vibrato de sa guitare chérie après seulement deux autres titres. Double peine. Le concert s’est donc à nouveau brutalement et cette fois définitivement arrêté. Grosse frustration du groupe, frustration du public et une bonne occasion de manquée parce que du monde s’était déplacé en ce lundi soir. Comme quoi il n’y a pas que moi qui m’emmerde au mois de juillet, à Lyon.




Les héros de la soirée ont eu beaucoup plus de chance : TOTALE ECLIPSE a organisé ce concert un peu à l’arrache dans le but de combler de bonheur ses nombreux fans et surtout de fêter la sortie officielle de son double hit single Bad Days b/w Opportunivore et les gens ont donc répondu présent. Le groupe a bien évidemment joué les deux titres de son 45 tours (qui tourne en 33rpm) – ce qui m’a permis de constater que c’était Franck/Sheik Anorak qui chantait de sa plus belle voix sur le refrain d’Opportunivore – mais Totale Eclipse a surtout présenté un set longue durée et bourré jusqu’à la gueule d’autres compositions tout aussi tubesques. Je pense notamment à ce long titre avec des plans de gros metal qui font plein de taches de partout.
L’enthousiasme du groupe est réellement communicatif et contagieux et va aller en s’amplifiant tout au long du concert : de voir ces trois là jouer comme des malades, s’éclater comme des gamins et se faire des sourires d’amour éternel est un plaisir sans nom. Et il faut bien avouer que les plans prog – Seb Radix à la basse a beau grimacer comme un crétin, on s’aperçoit très bien qu’il joue comme un dieu de la quatre-cordes – sont tous plus hallucinants les uns que les autres, question de (fausse ?) désinvolture dans la façon de jouer et surtout question de potacherie indécrottable. Chez Totale Eclipse tout se tient : les différents niveaux de lecture des compositions passent très bien le test de la crédibilité universelle à cause de cette façon décomplexée de jouer la carte de l’humour et, inversement, la déconnade gagne bizarrement en pertinence grâce à la tenue virevoltante voire délirante des compositions. L’intelligence et la fête en même temps. Dommage qu’il n’y ait pas eu de rappel mais un public remuant à peine la tête ou le bas de ses fesses l’aurait-il mérité ?

[quelques photos du concert par ici]

jeudi 18 juillet 2013

Live Skull / Bringing Home The Bait


Il n’y a rien de mieux que les amis, surtout lorsqu’on sait que l’on peut toujours compter sur eux.

Il y a (à peu près) vingt-cinq années de cela, un de mes amis m’avait donné une liste de disques, apprenant qu’en attendant de retourner en cours pour à nouveau rien foutre de toute une année j’allais faire un tour à Londres pour assister à un ou deux concerts et acheter des disques introuvables en France et surtout à des prix défiant toute concurrence. Sur cette liste il y avait tellement de groupes que je ne connaissais pas ou vraiment trop peu que j’en suis devenu presque jaloux. Un vrai con. Au milieu de cette liste figurait le nom de Live Skull mais comme mon vieux pote de toujours ne se rappelait plus du nom exact de l’album qu’il voulait, il avait juste écrit à côté « pochette cervelle ».
Cette pochette cervelle – autrement dit l’album Bringing Home The Bait, premier album de Live Skull et publié en 1985 par Homestead records – je l’ai effectivement dégotté pour une toute petite demi-£ivre sterling dans un magasin de disques d’occasion installé au sous-sol d’un magasin de sports. Je l’ai ramené quelques jours plus tard en France mais j’ai surtout eu l’idée de l’écouter : jamais je ne l’ai redonné à cet ami qui sans le savoir m’avait fait connaitre l’un de mes disques préférés de tous les temps.



Desire records vient de procéder à la réédition de Bringing Home The Bait et il était temps. En espérant aussi et surtout que cette réédition remettra LIVE SKULL à sa juste place sur la carte des groupes new-yorkais post no-wave qui ont compté. Parce que Live Skull, dans le top des amateurs des groupes de rock noisy ou terroriste voire bruitiste et originaires de la Grosse Pomme, est systématiquement placé après les encore jeunes Sonic Youth et après les Swans des débuts. Une véritable injustice.
Certes la carrière chaotique de Live Skull n’a pas aidé le groupe à passer à la postérité mais le groupe de Tom Paine (guitare et chant), de Marnie Greenholtz (basse et chant) et de Marc C. (guitare et chant) était le plus mélodique des trois. Pas aussi hippie réfoulé que Sonic Youth et pas aussi amateur de viande froide que les Swans. Un groupe jouant une musique plus acceptable pour le commun des mortels que celles de leurs collègues d’alors mais qui aujourd’hui sonne toujours aussi bien. Des compositions ciselées, des guitares influencé par la no-wave et ceux qui se sont gavés sur son cadavre (Glenn Branca) mais également des guitares aux résonnances très gothiques. On parle de ce gothique pur, dur et méchant tel que Lydia Lunch l’avait pratiqué sur ses meilleurs albums (13 : 13, In Limbo, Honyemoon In Red et, quelques années plus tard, Shotgun Wedding).
Pour les experts, Bringing Home The Bait reste – au choix – un album séminal et un disque culte. Il s’agit surtout d’un enregistrement tout à fait dans l’air du temps, à une époque où les aventuriers du rock délaissaient toujours plus les idiomes post punk pour progressivement inventer ce que l’on appellera bien plus tard le rock noisy (noise ?) avec son quota de postures à la fois déglinguées et arty. Live Skull est tout simplement le groupe le plus passionnant du lot parce qu’il se situe exactement à la croisée de ces deux embranchements.
Bringing Home The Bait version 2013 existe en CD avec en bonus une grosse poignée d’inédits et/ou de titres live avec un applaudimètre strictement réglé sur vingt personnes maximum. Absolument rien de déshonorant à signaler voire du très bon. Desire records a également procédé à une réédition vinyle de couleur grise et limitée à 300 exemplaires. Desire ne s’est pas non plus contenté de Bringing Home The Bait puisque le label a aussi réédité le tout premier mini-album sans titre de Live Skull initialement publié un an plus tôt (1984) par Massive records. On ne sait pas encore si Desire rééditera dans la foulée tous les autres enregistrements de Live Skull, y compris ceux après le départ de Marnie Greenholtz mais avec l’incomparable Thalia Zedek au chant. On espère vivement que oui.

Epilogue : quelques mois après mon voyage à Londres, j’hébergeais ce même ami dans mon minuscule appartement lyonnais. Par le plus grand des hasards il se retrouva à chercher une cigarette qui avait roulé au sol jusque sous le lit. C’est là qu’il trouva mon exemplaire de Bringing Home The Bait que j’avais préféré cacher et à mon retour chez moi il me montra d’un air teigneux le disque, comme s’il allait le casser en deux. Puis il m’avoua qu’il m’avait fait le même coup avec un pirate de Sisters Of Mercy qu’il ne m’avait jamais redonné non plus. Ce qui en soi était une très bonne chose : j’avais largement gagné au change avec Live Skull. Et j’ai toujours mon vieux LP de Bringing Home The Bait.

lundi 15 juillet 2013

Totale Eclipse / Bad Days b/w Opportunivore




TOTALE ECLIPSE est le meilleur groupe de power pop punk progressif du monde. Et je ne dis pas ça parce que ce groupe est lyonnais. Totale Eclipse est également et en quelque sorte la continuité de The Rubiks, l’ancien meilleur groupe de power pop punk progressif du monde. Lorsque Andrew Duracell a jeté l’éponge et abandonné sa batterie ainsi qu’une carrière plus que prometteuse avec The Rubiks – où qu’il soit et quoi qu’il fasse désormais je lui souhaite sincèrement de bien aller – Nico Poisson (guitare, chant) et Seb Radix (basse, chant) ont, après une légitime et bien compréhensible période de doute et de traumatisme, décidé de continuer quand même. Il fallait juste trouver le bon batteur et un nouveau nom, puisqu’il fallait également en changer histoire de marquer le coup. Le « nouveau » batteur en question n’est autre que Franck Gaffer aka Sheik Anorak. Lequel serait aussi à l’origine de ce nouveau nom, un nom aussi ridicule que forcément mémorable. Le reste appartient désormais à la légende.




Totale Eclipse est un groupe qui n’a peur de rien et pour son premier disque en dur nous propose un single double face avec un tube de chaque côté. Bad Days dépasse les sept minutes alors que Opportunivore se contente de plafonner à six, ce qui, on en conviendra, est dans les deux cas un peu difficile à caser pour les passages radio et risque de coûter cher question budget lorsqu’il faudra bien tourner un voire deux vidéo-clips ; mais toute la spécificité de Totale Eclipse est précisément dans cet étalement au grand jour et sur la longueur de compositions qui allient avec force déraison plans prog, enjolivements tropicaux, punk de base, pop catchy, le tout avec une désinvolture qui confine à l’élégance potache. Totale Eclipse fait partie de ces groupes qui vous donnent instantanément le sourire mais uniquement pour de bonnes raisons : pas de vocoder à la con, pas de nappes de synthétiseur à vomir et pas de racolage sixties mes couilles ni de garage à mèche non plus mais des vraies mélodies, des digressions tarées, des breaks de malades et deux titres qui s’imposent les doigts dans le nez. Single de l’été.

Bad Days b/w Opportunivore bénéficie d’un artwork signé Seb Radix et on appréciera le fait que le verso de la pochette ait été découpé, laissant apparaitre le rond central de la face B et son logo d’un autre temps (Totale Eclipse, c’est ça !). Sinon ce 7’ a été publié par trois labels, propriétés de chacun des trois musiciens du groupe et comme tels dirigés d’une main de fer : Gaffer records, SK records et Rock’n’roll Masturbation. Enjoy.  




Une info de dernière minute à l’attention des lyonnais en manque de concerts et allergiques aux festivals surpeuplés : TOTALE ECLIPSE fête la sortie de son premier single – en français on appelle cela une release party – ce lundi 15 juillet à Buffet Froid, montée de la Grande Côte, Lyon 1er (il y a également Cougar Discipline au programme)...

dimanche 7 juillet 2013

Comme à la télé : Bastro




Puisque on parlait il n’y a pas si longtemps de cela du chanteur/guitariste/compositeur David Grubbs à propos de ThePlain Where The Palace Stood, son dernier – et excellent – album en date, voici BASTRO, c’est-à-dire le groupe de David Grubbs avec Bundy K. Brown et John Mc Entire. Rappelons que tout ce petit monde se retrouvera à intervalles réguliers au sein de Gastr Del Sol, le génial projet avec lequel Grubbs a illuminé les années 90 et que Mc Entire et Brown sont tous deux des membres fondateurs de Tortoise, une autre merveille du siècle dernier.




Cette vingtaine de minutes est tirée de deux concerts de Bastro donnés lors d’une tournée européenne en 1991 : Glistery et Jefferson-In-Drag ont été enregistrés le 3 octobre à Groningen tandis que Floating Home, Noise/Star et Hirscheneck ont été captés à Cologne le 10 octobre 1991.
Les plus averti(e)s auront reconnu ici des compositions qui seront pour certaines un peu plus tard réarrangées par David Grubb pour Gastr Del Sol : par exemple Jefferson-In-Drag servira d’introduction à Work For Smoke sur le deuxième album de Gastr Del Sol, Crookt, Crackt, Or Fly, le premier disque du groupe enregistré avec le nouveau venu Jim O’Rourke.

Techniquement parlant, ces deux vidéos live étaient à l’origine incluses en guise de bonus sur le CD posthume Antler de Bastro et publié en 2005 par Blue Chopsticks, le propre label de David Grubbs.

mercredi 3 juillet 2013

Comme a la radio : Blind Thorns





BLIND THORNS = Ahleuchatistas + Antoine Läng.

Et, comme l’explique très bien Shane Perlowin, guitariste d’Ahleuchatistas : « We made an album with a singer, Antoine Lang from Geneva, Switzerland. The band is called Blind Thorns. Here is a sneak peak in the form of one song. We are currently looking for a label interested in working with us to release this thing. Great artwork by Sarah Cavalieri, too ! ».

Pour l’instant Blind Thorns n’a donc mis qu’un seul titre en ligne de cette collaboration fructueuse, il s’intitule Porque Eu So Sei Gostar :


Un seul titre peut être mais un titre extrêmement prometteur. Tout le mal que l’on souhaite à Blind Thorns c’est donc de trouver rapidement un label aussi désintéressé que généreux et qui permettra au groupe de publier enfin son premier album dans de bonnes conditions.

jeudi 27 juin 2013

Report : Pâté Pour Chien, Hippie Diktat, Cougar Discipline et Postcoïtum au Festival Expérience(s) - 21/06/2013




Je pensais qu’en avançant son festival annuel de trois semaines pour le faire coïncider avec la fête de la musique, l’équipe du Périscope avait peut-être pris des risques. La fête de la musique c’est cette chose dont profitent les patrons de bars et de restaus de Lyon (et d’ailleurs) pour rameuter un peu plus de clientèle : les rues de la ville sont noires de monde, des gens qui entendent le nez en l’air des sons d’origine inconnue et dont ils se foutent complètement et qui peuvent après rentrer chez eux avec le sentiment d’avoir passé une soirée vraiment chouette. Une démarche à l’opposée de celle du Périscope… Cette année il y avait pourtant Kouma qui jouait en centre-ville aux alentours de 19h30 mais une grosse flemme n’égalant que mon snobisme avéré m’a empêché d’y aller.
A côté du Périscope il y a justement une place sur laquelle une scène a été installée et on peut entendre dans tout le quartier derrière la gare de Perrache un groupe de reprises enchainer massacres en règle sur éviscérations consensuelles – je débarque précisément au moment où le chanteur pourrit complètement Black Dog de Led Zeppelin, une chanson à la gloriole de la toute-puissance qui au départ me donne déjà mal au crâne.




Les concerts commencent tard et c’est PÂTÉ POUR CHIEN, un duo composé de Fabien Rimbaud (chant, batterie et blouse d’avant-guerre) et de Aymeric Avice (trompette, effets, percussions et voix), qui attaque en premier. Ce dernier joue également dans Jean Louis – que je n’ai jamais vu en concert alors que le trio a déjà joué au moins six fois à Lyon en quatre ans, je sais c’est très mal de ma part – et dans Radiation 10, un groupe récemment découvert à l’occasion d’un concert avec Kouma, décidemment.
Mais aucune comparaison n’est possible : Pâté Pour Chien n’a strictement rien à voir avec Radiation 10 ou même Jean Louis, pratiquant une sorte de punk arty-alterno (textes en français et souvent drôles) et parodique voire dadaïste, joué avec les moyens du bord c’est-à-dire avec une trompette passée à la moulinette d’effets multiples – on dirait souvent une guitare saturée – et des percussions binaires et simplistes. Tout ça est définitivement plein de trouvailles
Je n’ai pas trop eu non plus à me creuser la tête pour comprendre d’où venait le nom du groupe : chacun de ses deux membres, dans un style qui lui est propre, ayant une bonne tête de toutou – attention, que l’on ne s’y méprenne pas, j’adore les clébards et en particulier les bâtards à poil dru – et ce concert a été une bonne mise en train malgré les limites inhérentes au genre pounque jazz chanté rigolo c’est-à-dire quelques petites baisses de régime et un peu de remplissage expé pas toujours très utile. Mais bon… c’est la deuxième fois en deux jours que je rigole à un concert (après Charles Pennequin la veille) et je commence à trouver ça vraiment inquiétant.




Par contre ça va nettement moins rigoler avec HIPPIE DIKTAT (oui, c’est soirée spéciale noms de groupes à la con). Un trio dans lequel on retrouve le guitariste Richard Comte, auteur d’un album solo dont on reparlera très bientôt et déjà vu en concert avec Heretic Chaos, duo qu’il formait avec Yann Joussein de DDJ, SnAP, etc… Est-ce-que tout le monde arrive à suivre ? Non ? Bon, Hippie Diktat est, après SnAP découvert le jour d’avant, un autre groupe du collectif Coax, coopérative musicale décidemment en pleine ébullition. Au côté du guitariste jouent également un saxophoniste baryton (Antoine Viard) et un batteur (Julien Chamla).
Quoi ? Vous vous en foutez un peu beaucoup des noms de ces trois musiciens ? Et bien vous avez tord. Parce que personnellement je vais faire un effort tout de suite là et maintenant pour dénicher et écouter tout les groupes et projets auxquels ces trois types participent par ailleurs. Je vais peut-être être déçu mais j’ai confiance. Tout ça parce que Hippie Diktat a été une claque énorme en concert. Un mélange de noise-rock et de freeture d’une puissance incroyable et surtout d’une ampleur volumétrique qui vous écrase à chaque instant. Lorsque le groupe ralentit la cadence le phénomène d’écrasement est encore plus palpable, oui on n’est pas loin d’un jazz metal en version sale et grésillante et dans ces moments là je perds un peu le contrôle de moi-même. OK, je ne suis pas le seul et Hippie Diktat – le meilleur groupe avec lequel Cheverny a joué durant sa tournée triomphale du printemps 2013, me dira-t-on un peu plus tard dans la soirée – électrise le public entassé au Périscope. Révélation.




COUGAR DISCIPLINE a la lourde tâche de jouer après Hippie Diktat mais va très bien s’en sortir. Et plus que cela, même. Rappelons que dans Cougar Discipline il y a Raf Chevignon au chant, Alex Torticoli à la guitare et Jo Burne à la batterie, donc trois musiciens issus de trois groupes lyonnais très différents les uns des autres. Mais cela fonctionne parfaitement et Cougar Discipline donne à entendre un noise rock racé, épais, sexuel, vicieux et fortement teinté de blues urbain.
Je regrette juste que la voix n’ait pas été un peu plus claire et intelligible – oui pour une fois je m’intéresse aux textes parce que ceux de Raf sont particulièrement décapants et crades – mais je me laisse quand même porter par la furie sournoise du groupe. En définitive, le problème avec Cougar Discipline est que chacun de ses trois membres est passionnant à regarder et à écouter : Raf et ses outrances, Alex et son jeu d’araignée et Jo qui prend vraiment une nouvelle dimension avec le trio. Cougar Discipline est donc élu à l’unanimité groupe le plus sexy de la soirée voire de tout le festival Expérience(s). Et le plus corrosif, aussi.




Le Périscope est plein, finalement l’effet « fête de la musique » aura été bénéfique au Festival Expérience(s), l’ambiance est torride et il reste un groupe à l’affiche. Postcoïtum est un duo de garçons pieds nus mais en costards. Le premier joue de la batterie et d’un pad électronique. Le second s’occupe d’un laptop et d’une table de mixage qui gère les mélanges de sons. Postcoïtum joue donc de la musique électronique actionnée à la main, ça transpire du côté du groupe et c’est d’une folle énergie.
Malheureusement, et la qualité du groupe n’a rien à voir là dedans, je n’en peux plus et je sature réellement. Hippie Diktat et Cougar Discipline m’ont lessivé, oui je suis un homme comblé et là je n’arrive plus à encaisser quoi que ce soit, mis à part quelques bières mais ça c’est une toute autre histoire. J’abandonne donc le devant de la scène pour suivre le concert de loin, depuis le bar ou même de dehors, persuadé que je rate sûrement quelque chose mais n’en pouvant réellement plus. Désolé mais je me jure à moi-même que je retournerai voir Postcoïtum en concert dès que l’occasion se représentera. Et puis signalons que le duo sortira bientôt son nouvel album Himera le 15 septembre prochain (si vous voulez tout savoir le groupe fait même appel à une souscription, les LP ça coûte cher).

[les photos de cette deuxième et mémorable soirée du Festival Expérience(s) sont ici]

mercredi 26 juin 2013

Report : Léo Dumont, Charles Pennequin & Jean-François Pauvros et Snap au Festival Expérience(s) - 20/06/2013




Lyon, son rayonnement international, sa vie culturelle intense, son inscription au patrimoine mondial de l’humanité, ses vieilles pierres, ses bourgeois fossilisés, ses socialistes de droite, ses groupuscules fascistes effervescents, ses restaurants à touristes, son club de foot et – bientôt – son grand stade, ses transports en commun désorganisés mais hors de prix, ses festivals de musique pour tous démesurément médiatisés, ses petites salles et ses bars qui galèrent pour faire jouer des groupes qui ne passent pas à la radio et n’ont pas de chaine YouTube non plus, ses rebuts de la société qui dorment la nuit dans les tunnels piétons sous la gare de Perrache, son Grrrnd Zero expulsé mais peut-être relogé dans une friche industrielle en ruine à la  périphérie de la ville – non mais honnêtement qu’est ce qu’il fait bon vivre ici.

[…]

Pardon, toutes mes excuses, je m’égare quelque peu et comme d’habitude je mélange tout. Alors je reprends : qu’il fait bon vivre à Lyon puisque c’est dans cette ville que se déroulent chaque année deux festivals aussi essentiels qu’incontournables, je veux bien sûr parler du Gaffer Fest – prochaine édition fin octobre 2013, on en reparle bientôt – et du Festival Expérience(s).
Et cette année, pour sa cinquième édition, le Festival Expérience(s) a lieu fin juin mais – et c’est important – toujours au Périscope. Trois jours d’une programmation exigeante mais ouverte avec du jazz qui pète, du rock qui fait du bruit et des musiques expérimentales qui font du bien. Autant dire que l’envoyé spécial de 666rpm n’attendait que ça et en a profité pour s’offrir une petite cure de bonheur juste avant le fatidique désert estival et son mortel ennui.




Premier soir et entrée en matière intrigante avec un solo de LÉO DUMONT. Un garçon que l’on connait parce qu’il joue de la batterie avec Kouma et Polymorphie. Je me rappelle très bien d’un concert qu’il avait donné en compagnie de Julien Grosjean, un concert assez frustrant parce qu’il laissait entrevoir toutes les possibilités de Léo Dumont sans toutefois leur laisser franchement toute la place qui leur était due – et d’émettre le souhait un peu imaginaire d’assister un jour à un solo de ce jeune batteur.
Je ne sais pas depuis combien de temps Léo Dumont joue dans cette configuration en solitaire mais il n’a effectivement besoin de personne. Installé derrière un gong le masquant presque entièrement – les personnes assistant au concert bien en face de lui ne pouvaient deviner que ses mains et avant-bras –, Léo peut tranquillement fermer les yeux et, en véritable poète des sons, jouer avec les résonnances des objets qui l’entourent, caresser ou frotter les peaux, faire des ricochets avec une balle, taper sur sa grosse caisse avec une pédale munie d’une grosse feutrine pour la faire vibrer en longueur et en épaisseur et jouer sur les variations d’intensités et les silences.
Un très beau moment, très loin de toute prétention, de toute afféterie et de toute volonté démonstrative – de la légèreté et de la profondeur qui s’entrecroisent et donnent naissance à une sorte de gravité ludique et emprunte d’une humilité contagieuse.




CHARLES PENNEQUIN et JEAN-FRANÇOIS PAUVROS prennent la suite. Le premier est un poète sonore/performer à l’humour féroce. Le second est un guitariste inspiré et lunatique. Il me faut avouer que je n’avais encore jamais vu et entendu Charles Pennequin et donc je découvre un gros bonhomme avec des airs de vieux skinhead à la retraite ou de boucher-charcutier. Dès qu’il commence à lire ses textes d’un air précipité voire haché (charcutier je vous dis), une diction qui donne à ses textes un fumet chargé d’une insolence gouailleuse, ironique et complètement irrévérencieuse,  je me sens submergé par des envies de fous-rires difficiles à retenir.
Pennequin met ses gros doigts et sa langue très pointue là où ça peut faire mal (« on a toute l’époque pour se révolter »), parle de cul, des cons – dans tous les sens du terme –, de l’absurdité moderne, passe en mode dézingage/sulfateuse et fait le gros dos pour mieux hérisser ses piques verbales. A ses côtés Jean-François Pauvros l’accompagne discrètement mais pas tant que ça, faisant le mariole façon guitare-égo pour attirer une partie de l’attention, ce à quoi il parvient parfaitement : le duo de choc(s) des deux hommes est très drôle mais ne s’éternise pas, même si Pauvros réclame à son comparse des bonus spéciaux parce qu’il a envie de continuer à jouer. Charles Pennequin s’exécute mais sans trop se laisser faire, ces deux là font la paire.




En quittant la scène Jean-François Pauvros n’a pas pu s’empêcher de lâcher un « et maintenant place à de la musique sérieuse jouée sérieusement », ce qui est guère charitable mais totalement compréhensible de la part d’un vieux franc-tireur qui a derrière lui plus de trente années de guitare passées à foutre en l’air les règles établies du blues et du rock (ce qui est, finalement, la seule façon de leur rendre réellement hommage).
Guère charitable mais pas totalement faux non plus. La musique « sérieuse » dont il maintenant question est jouée par un tout jeune groupe – dont c’est ce soir le deuxième concert – du nom de SnAP et composé de Julien Desprez à la guitare et à la composition, de Yann Joussein à la batterie et de Clément Edouard à l’électronique. Autrement dit les deux premiers jouent déjà ensemble dans DDJ, Coax Orchestra, Tweedle-Dee alors que Julien et Clément sont également tout deux membres d’IRèNE : voilà trois musiciens qui se connaissent bien et gravitent également tous les trois autour du collectif Coax et de la bande à Carton records.
Pour un second concert (et une quinzaine d’heures de répétition seulement), SnAP s’est bien débrouillé et, malgré quelques hésitations, a déjà fait preuve d’idées brillantes et porteuses, on le pense, d’un avenir certain. Il manque certes encore ce liant invisible et ces huiles essentielles qui permettront aux rouages de SnAP de fonctionner parfaitement, de rouler peut-être plus loin que prévu initialement, de décoincer un peu tout ça mais l’association de ces trois musiciens est une bonne nouvelle (et quel bonheur de pouvoir regoûter au jeu de batterie de Yann Joussein).

[les photos de ce premier soir du Festival Expérience(s) 2013 sont par ici]

samedi 22 juin 2013

Main / Ablation




Que MAIN publie un album en 2013 est une véritable surprise. Main, rappelons-le, est le groupe que Robert Hampson avait monté après Loop en compagnie de Scott Dowson (ancien Loop lui aussi, il joue sur l’album A Gilded Eternity). Un groupe que l’on croyait mort et enterré depuis que Robert Hampson avait décidé de se consacrer de plus en plus profondément à la musique acousmatique et à la recherche musicale – écouter à ce sujet son deuxième album « solo », le très réussi  Répercussions.
Alors ? Et bien Main a, sur la fin de sa première existence, de plus en plus glissé vers une musique savante et austère, délaissant le côté hypnotique et lysergique de ses premiers enregistrements et délivrant ainsi quelques indices fortement annonciateurs de ce que ferait plus tard Robert Hampson tout seul. Ablation, premier enregistrement de Main depuis 2006 et l’album Surcease (publié par le label N-Rec et enregistré par le seul Hampson), est le fruit de la collaboration entre deux hommes, Robert Hampson bien sûr et le nouveau venu Stephan Mathieu. Que Main soit à nouveau un duo est une bonne chose : sur ses derniers jours le groupe n’était que l’œuvre d’un Hampson solitaire et obnubilé et on continue encore de penser que Main a souffert du désir de découverte et de l’apprentissage (certes courageux) du musicien en matière de musique acousmatique.
Mais aujourd’hui c’est une toute autre histoire. Non seulement Hampson a prouvé avec Répercussions qu’il était désormais capable de grandes choses mais, en plus, la présence d’un alter ego le galvanise certainement. Il n’est certainement donc pas question avec Ablation d’un retour aux premiers fondamentaux de Main – Hampson est désormais allé trop loin dans l’acousmatique pour tenter tout volte-face et sans doute n’en a-t-il absolument pas envie – mais on sent à l’écoute des quatre titres/parties du disque une dynamique propre à un vrai groupe, basée sur l’échange, l’interaction et une sorte d’énergie communicante. Ablation reste un disque de musique expérimentale, ambient et acousmatique, un disque chargé en trouvailles sonores et mu par un travail sur les sons souvent pas loin d’être stupéfiant mais, oui, Ablation est également un disque qui dispose de ce confort d’écoute propre aux disques épanouis.

La suite des aventures de Robert Hampson ravira les moins de trente ans nostalgiques d’un temps qu’ils ne peuvent pas connaitre : le musicien a en effet réactivé Loop – sous le line-up de l’album A Gilded Eternity, soit Hampson et Dowson aux guitares, Neil MacKay à la basse et John Wills à la batterie – et annonce des concerts et plus si affinités d’ici la fin de l’année 2014 ; autrement, il se murmure également que Robert Hampson participerait à la tournée célébrant le vingtième anniversaire de la parution de l’album Pure de Godflesh… en effet Hampson a joué sur ce disque aux cotés de Justin Broadrick et GC Green et avait même tourné avec eux à l’époque.

[Ablation est publié en CD et LP par les Editions Mego – le label de Peter Rehberg semble bien être devenu la nouvelle maison de Robert Hampson/Main]

mercredi 19 juin 2013

Report : Deux Boules Vanille et Marvin au Périscope - 14/06/2013




Est-il possible de passer plusieurs mois voire plusieurs années d’une existence misérable et morne sans assister à un seul concert de Marvin ? La réponse est oui. Parce que, si ma mémoire est bonne, la dernière fois que j’ai vu le trio montpelliérain sur une scène, c’était il y a à peu près deux ans, exactement au même endroit que ce soir, c'est-à-dire au Périscope et dans le cadre de la troisième édition du Festival Expérience(s)*.
Je sais : il n’y a sans doute pas de quoi en être fier, surtout que ces deux dernières années les trois Marvin ont joué plus d’une fois à Lyon, que ce soit dans le cadre de la Colonie de Vacances avec leurs petits camarades d’Electric Electric, Papier Tigre et Pneu ou tout seuls comme des grands. Alors pourquoi y aller cette fois-ci ? Parce que j’ai rien d’autre à foutre ? Parce que les enfants sont chez leurs grands-parents ? Parce que je n’ai pas de concert de noise rock obscurantiste dans une cave humide d’un bar de la Croix Rousse à me mettre sous la dent ? Parce que ça y est, je suis réellement en manque de soleil ? Parce que c’est Active Disorder qui organise le concert et qu’ils ont besoin de sous et de soutien ? Parce que Barry, le troisième album de Marvin, pourrait bien être l’un des disques de 2013 ? Parce que Marvin est tout simplement l’un des meilleurs groupes de scène vus ces dernières années ? Parce que… Ah, mais ta gueule !




MARVIN, donc. Le Périscope est plein à craquer, dehors quelqu’un a écrit sur  un panneau que le concert est complet et on peut déjà prévoir que la salle va irrémédiablement se transformer en fournaise hawaïenne. En tous les cas les Marvin font absolument tout pour, démarrant le concert de la même façon que leur dernier album par un Tempo Fighting endiablé et surpuissant. Le ton est donné et le groupe va logiquement largement privilégier Barry dont les compositions – ce n’est qu’une confirmation parce qu’on s’en doutait déjà fortement – explosent en concert. Les petits doigts d’Emilie font crépiter les synthés, Fred à la guitare est plus hallucinant que jamais et Greg Marvin maintient une cadence infernale.
Le groupe est à la fois irrésistible, Marvin c’est une vraie machine à musique, et en même temps détendu, plein de sourires et débordant de ce plaisir évident de jouer et de faire partager sa musique. C’est peut-être là que ça ne tourne pas tout à fait rond parce que qui dit concert à Lyon dit public de lyonnais psychorigides aux entournures et mis à part des têtes qui dodelinent sagement en rythme et les applaudissements rituels entre chaque titre, l’ardeur générale est pour l’instant aussi mesurée qu’à une convention de prothésistes dentaires.
Mais les trois Marvin persévèrent, ils ont l’habitude, ils transpirent sang et eau, glissent quelques titres plus anciens au milieu des nouveaux – comme ce Roquedur bien charnu qui décidément est devenu un incontournable voire un classique absolu du groupe – et peu à peu la tension monte malgré tout côté public, tout comme l’atmosphère du Périscope qui devient presque insoutenable de chaleur.




Il va finir par se réveiller ce public et lorsqu’il se réveille enfin il ne fait pas semblant non plus, surtout lorsqu’il comprend que les Marvin ne vont pas trop tarder à arriver au bout de leur set et vont bientôt attaquer les rappels. Lesquels vont se révéler à la hauteur de ses espérances avec, en premier lieu, la quasi traditionnelle reprise de Girl U Want de Devo – Eric Aldea de Zëro, pourtant présent dans la salle mais mystérieusement sourd aux appels d’Emilie, n’est malheureusement pas monté sur scène pour rejoindre Marvin comme il le fait parfois – puis deux tubes toujours indéboulonnables du premier album.
Le reflexe est alors quasiment pavlovien : ça bouge, ça gigote voire même ça danse et ça se bouscule dans le pit (!) mais, je vais être fidèle à ma réputation de vieux pisse-froid, j’ai tendance à penser que pour Marvin cela risque de finir par être usant et peut-être même frustrant d’avoir un public qui attend un Discose pour s’agiter enfin et en réclamer toujours plus. Ce n’est pas comme si le trio n’avait pas composé depuis son premier album d’autres titres à la hauteur de ses vieux tubes… Mais ce n’est qu’un détail et ce ne sont peut-être que les règles du jeu qui veulent ça. Mais je les déteste ces règles là.
On est donc pas loin de l’euphorie généralisée, tonnerres d’applaudissements et de cris, Greg Marvin s’étale de tout son long derrière sa batterie pour souffler un peu, il n’en peut visiblement plus de toute cette chaleur mais le public crie encore et toujours pour avoir du rab, un bonus qu’il obtiendra malgré tout, bonheur. Marvin peut se vanter de réveiller même les publics les plus difficiles. Et quant à moi je n’attendrai plus deux ans pour revoir le groupe en concert (enfin, je l’espère)**.




Avant le service trois pièces assuré par Marvin, on a eu droit à une entrée de choix avec DEUX BOULES VANILLE. Oui, c’est bien le nom du groupe et Deux Boules Vanille c’est plus exactement un duo de batteurs qui jouent la complémentarité ultra rythmique et la tropicalité tribale tout en déclenchant des sons électro tendance bontempi cheap/nitendo caribéen à chaque fois qu’ils tapent sur une caisse claire, une grosse caisse ou un tom. Un petit quelque chose d’Andrew Duracell dans le principe  mais seulement dans le principe.
Deux Boules Vanille fonctionne donc essentiellement à l’énergie ensoleillée et au fun – je crois que c’est la première fois que j’écris ce mot dans un sens positif – mais tient aussi du spectacle vivant (le coup de deux batteurs qui portent tous les deux un marcel pour épaules carrées, ça ne pouvait effectivement que fonctionner) et le duo est aussi malin que ludique mais également aussi enjoué et déluré qu’un hippie post moderne sous speed. Deux Boules Vanille c’est exactement le genre de groupe qu’il faut pour bien commencer une soirée***.

[quelques photos du concert par ici]

* rappelons d’ailleurs à l’attention des lyonnais que la cinquième édition de ce festival commence dès demain, jeudi 20 juin
** pour se tenir au courant des prochaines dates de Marvin, une petite visite chez les Tonton Tourneurs s’impose
*** après les concerts ce fut mégateuf au Périscope mais comme d'habitude je suis parti bien avant, comme un voleur

samedi 15 juin 2013

Festival Expérience(s), cinquième édition




Une nouvelle fois faisons l’apologie et la publicité du FESTIVAL EXPÉRIENCE(S) dont la cinquième édition débutera ce jeudi 20 juin pour s’achever le samedi 22*. Une programmation comme toujours pointue et exigeante mais passionnante bien qu’un peu plus resserrée pour cette année. Une programmation concoctée par l’équipe du Périscope, belle salle lyonnaise où bien évidemment se dérouleront tous les concerts**.

Jeudi 22 juin :

- Duo Charles Pennequin /Jean-François Pauvros (poésie, lecture-performance et guitare über sonique)
- Leo Dumont en solo (il est le batteur de Kouma et de Polymorphie)
- Snap, un nouveau groupe issu du collectif Coax avec Julien Desprez (IRèNE, Q, DDJ) à la guitare, Yann Joussen (DDJ) à la batterie et Clément Edouard (Lunatic Toys, Loup, Polymorphie) à l’électronique, bref que des musiciens que l’on apprécie beaucoup ici

Vendredi 21 juin :

- Pâté Pour Chien soit un duo regroupant Fabien Rimbaud à la  batterie et aux textes et Aymeric Avice à la trompette
- Hippie Diktat, un autre groupe du collectif Coax avec Antoine Viard au saxophone baryton, Richard Comte à la guitare (très) électrique et Julien Chamla à la batterie
- Cougard Discipline, un tout nouveau groupe lyonnais avec Raf Chevignon (voix, textes et démesure), Alex Torticoli (guitare) et Jo Burne (batterie)
- Postcoïtum (duo laptop / batterie)

Samedi 22 juin :

- Xavier Saiki en solo (guitare préparée)
- le génial duo Jérôme Noetinger / Lionel Marchetti (musique acousmatique sauvage)

A noter que la soirée du 21 juin est gratuite – oui ce sera la fête de la musique ou un truc dans ce genre là – et que les soirées du 20 et du 22 sont à 10€ (8€ pour les chômeurs, les femmes enceintes de plus de six mois, les étudiants, les détenteurs d’une carte vermeil et les intermittents du spectacle). On peut également écouter quelques titres des musiciens et groupes participants à cette cinquième édition du Festival Expérience(s) sur une page soundcloud spécialement créée pour l’occasion.

* c’est le principal changement de cette cinquième édition puisque traditionnellement le Festival Expérience(s) se déroulait la deuxième semaine du mois de juillet.
** Le Péricope se trouve au 13 rue Delandine, Lyon 2ème arrondissement, juste derrière la gare de Perrache, ici