dimanche 22 juillet 2007

Limaille de fer
























La meilleure blague de la semaine passée a été le plan marketing ou/et le canular dont a été victime Rammstein : quoi de plus efficace et de plus drôle que d’annoncer le départ de Till, son chanteur/pyrotechnicien en chef ? Le nom du remplaçant avait même été donné, il s’agissait d’un certain En Esch. Que les fans se rassurent, l’information était fausse, démentie mille fois par le management officiel des allemands et Rammstein continuera donc de gaspiller des litres d’essence pour ses shows mégalomaniaques, burn POPB burn.
Slayer aussi fait des siennes : le groupe quitte Warner pour rejoindre Sony (en fait c’est le label American recordings qui déménage : qu’en pense donc Rick Rubin ?) et pour se faire remarquer les californiens font rééditer Christ Illusion leur dernier album en date avec un titre en bonus (très très moyen) que tout le monde peut découvrir en avant première mondiale et répondant au doux nom de Final Six. Il y a aussi une partie video dont les images je n’en doute pas finiront un jour sur un magnifique DVD à offrir pour Noël. Comme Final Six est d’ores et déjà disponible un peu partout dans le monde virtuel, inutile d’acheter cette réédition/fonds de pension, le téléchargement de ce qui ne peut s’appeler qu’une arnaque et qui ne mérite donc pas plus s’impose -l’avenir des vieux thrashers n’en sera pas compromis pour autant.
Des vieux encore : Max et Igor Cavalera font à nouveau de la musique ensemble. Un petit rappel des faits : il y a dix ans Maxou quittait brutalement Sepultura pour fonder Soulfly. Son petit frère vient de faire de même et leur nouveau groupe s’appelle Inflikted. L’enregistrement d’un disque a déjà commencé (quand je pense à tous ces petits losers qui parfois mettent dix ans avant de pouvoir sortir un album à la production médiocre sur un label même pas distribué). C’est Marc Rizzo, également dans Soulfly, qui s’occupe de la deuxième guitare et le bassiste n’est autre que Joseph Duplantier, chanteur/guitariste de Gojira, les inventeurs du death metal écologiste -un nouvel exemple de la France qui gagne ? L’album est annoncé comme étant plutôt orienté hard core/crust et non pas uniquement metal, genre ce qu’a déjà fait Max Cavalera il y a des années en compagnie d’Alex Newport dans Nailbomb. De son côté, Andreas Kisser continue de prétendre que Sepultura (ou ce qu’il en reste) est toujours en vie et devrait sortir un énième album en 2008.
Un peu d’optimisme pour finir : Disfear s’est enfin décidé à quitter sa suède natale pour rejoindre Kurt Ballou (l’ours de la jungle hard core, guitariste de Converge, producteur d’au moins la moitié des groupes américains de ce style) pour enregistrer ainsi de l’autre côté de l’Atlantique son premier album depuis 2003 -encore un groupe influencé par Discharge qui a oublié ce qu’était l’urgence, faudrait voir à arrêter de trop picoler les gars. Par contre les ténébreux et mystérieux Blut Aus Nord annoncent déjà la parution de Odinist, une année seulement après le merveilleux MoRT qui tentait d’enlever toutes limites stylistiques à leur musique. Et c’est désormais un classique du genre : le nouvel album est annoncé comme un retour aux sources… -le retour aux sources est, avec l’album de la maturité, le cocotier le plus détestable du vocable discographique, mais je préfère rester confiant car pour l’instant Blut Aus Nord n’a jamais été décevant.

vendredi 20 juillet 2007

Bière et punk

























Les vacances, l’été, la chaleur, tout ce que l’on fait semblant d’oublier, tout ce qui est détestable -la pire période de l’année et un dernier concert, avant un mois de septembre qui s’annonce déjà très chargé : Unsane, nlf3 trio, Get Hustle et sûrement plein d’autres choses encore. Donc rendez-vous mercredi soir au même endroit comme toujours ou presque pour assister au concert de Mika Miko.
Je préfère oublier les deux premiers groupes, ils ont surtout permis à toute une partie du public de commencer à se bourrer consciencieusement la gueule, d’ailleurs les filles de Mika Miko ont eu la même idée, ça se déchire à tout va. Je sens un dangereux roulis prendre possession de ma poitrine, je n’ai pas tenu ma promesse de ne pas mélanger anti-inflammatoires et alcool. Sans aucune explication, le système réfrigérant de la pompe à bière tombe en panne et donc la bière tiédit de plus en plus, le roulis s’accentue, les gamins jouent aux punks et quelques gros lourds font de plus en plus de bruit.
Mika Miko attaque enfin et tout de suite c’est n’importe quoi, la présence d’un téléphone rouge amplifié, d’un saxophone et d’une réelle volonté d’emmerder tout le monde n’apportent que peu d’épaisseur à ce qui se révèle être un vrai show mariole et complètement régressif, pipi-caca-bite-couille-zob ou plutôt chattes poilues et vomit rock’n’roll -un concert qui se terminera ou presque (presque parce que je suis parti à ce moment là) par la montée sur scène d’une bande de jeunes filles du public, dansant en soutien-gorge et se roulant une pelle pour la gloire. Avec Mika Miko l’important ce n’est pas la musique mais l’attitude sauf que je m’en fous complètement de leur attitude et je suis sur que dès le lendemain tout le monde aura oublié d’être punk ou prétendument comme tel : petit esprit d’un soir balayé par un bon cachet d’aspirine tel un vulgaire mal de crâne, bluuuuurrp (pardon).

jeudi 19 juillet 2007

Strings Of Consciousness

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Je venais de voir Unsane pour la première fois, dans un endroit situé à moins de cent mètres de chez moi et cela me semblait incroyable qu’un tel groupe accepte de venir en Europe pour jouer dans des salles minuscules devant une poignée de personnes. Comme le concert avait été particulièrement réussi (il y avait encore Pete Shore à la basse et lui je l’aimais bien car il braillait au moins aussi fort que le guitariste Chris Spencer) j’étais particulièrement exalté, un vrai gosse. En première partie Condense m’avait également cloué avec leurs nouveaux titres et leur mise en place, bien loin de leurs tous débuts -c’était un peu la naissance du Condense tel que tout le monde les a connus, un groupe lourd et puissant à la fois, torturé mais jamais inutilement compliqué.
En sortant je jetais un œil sur les stands des groupes et je regrettais de ne pas avoir l’argent pour me payer un disque d’Unsane. Les Lyonnais eux ont rapidement fini par sortir leur premier mini album Air sur un label dont je n’avais jamais entendu parler mais dont je trouvais un flyer à un autre concert : ce flyer annonçait la parution d’une compilation intitulé A Wild State Of Noise And Disorder avec des groupes français que j’aimais et d’autres que je ne connaissais pas encore : ainsi je crois que c’était la première fois que j’entendais parler de Pandemonium records et donc de Philippe Petit.
Son label m’a accompagné bien des fois et même si je n’aime pas tout ce qu’il a produit il reste une référence en matière de label indépendant français pendant les années 90. Philippe Petit a surpris en montant un nouveau projet -avec BiP-HOp il mettait en avant son amour pour les musiques électroniques, du coup les compilations bip-hop generation sont autant de découvertes et le catalogue regorge de noms qui me sont tout aussi chers que ceux défendus auparavant par Pandemonium records.






















Et puis voilà que j’entends parler de Strings Of Consciouness, un drôle de collectif comprenant des gens dont je reconnais les noms (Nicolas Dick de Kill The Thrill, Andy Diagram des Spaceheads), d’autres sur lesquels j’ai des doutes (le Hugh Hopper crédité à la basse est il LE Hugh Hopper, celui de Soft Machine ?), des noms qui ne me disent rien et puis enfin celui de Philippe Petit. Le garçon, après avoir passé une douzaine d’années à publier les disques des autres a donc sauté le pas, Strings Of Consciousness est son projet et a déjà à son actif un magnifique 45 tours picture, un disque avec des poils dessus, j’adore.
Les deux titres de ce disque ressemblent à un curieux mélange cinématographique (oui c’est un poncif mais quoi d’autre ?) avec électronique, guitares, bidouilles, cuivres -des titres assez linéaires et courts, peut être un peu trop pour avoir suffisamment le temps d’installer une réelle ambiance mais c’est déjà très concluant. Il y a mieux puisqu’un album est en prévision, un album avec des invités et pas n’importe lesquels : Eugene Robinson d’Oxbow, Jim Thirlwell de Foetus ou Pete Simonelli de Enablers, c’est peu dire que j’attends la suite avec impatience.

mardi 17 juillet 2007

Rien, merci

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Comment dit-on déjà ? Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ? Hum, avec des dictons sarkozystes pareils on est assuré de pouvoir bouffer de la merde à tous les repas, c’est l’art de transformer son petit monde en putes soumises, qu’ils me haïssent pourvu qu’ils me craignent résume assez bien la situation mais ce n’est pas de ça dont il s’agit ici et maintenant -il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis- et donc je dois avouer que les Ned m’ont bien retourné la dernière fois que je les ai vus en concert, du coup j’espère bien que cette dernière fois n’en sera pas une et pour éviter tout sevrage je me suis procuré leur dernier album en date, Rien, merci (2006). Je ne sais pas comment prendre le titre, est ce une façon de dire qu’ils ne doivent rien à personne ? C’est sûrement vrai, puisque ici l’esprit do it yourself règne en maître mais au vu de la pochette fluorescente et du monsieur en triple avec sa tête de monstre qui brandit pognon, religion ou futilité comme autant de promesses -non je ne vais pas me remettre à parler de Sarkozy- on comprend parfaitement ce que les Ned refusent, même poliment, ironiquement devrais-je dire.























Pourtant la politesse ça n’a pas l’air d’être vraiment leur truc, dans la vie sûrement mais en matière de musique ça sent l’irrévérencieux à plein nez et cela a d’ailleurs toujours été une constante chez eux, le côté potache au millième degré qui soudain t’explose à la gueule, haha. Les références -qu’elles soient voulues ou non, en tous les cas c’est celles que je retrouve au cours de mes écoutes- sont à chercher du côté des tricoteurs militants tels The Ex comme de celui des idiots irrécupérables du label Skin Graft, autrement dit c’est du sérieux qui fout le bordel, de la rigolade qui remet les choses en place, c’est drôle sans tomber dans le festif racoleur, ça infuse sans transformer ton crâne en cocotte-minute (quoique). C’est surtout assez varié avec du rock noise dissonant qui part en vrille, des passages en équilibre dont on jurerait qu’ils sont de l’impro, du disco pour faire bouger les petits culs (Voices In The Sink n’a rien à envier au meilleur Chinese Stars) -en gros plein de bonnes choses perverties qui font grandir les enfants qui s’y refusent.

[un petit extrait, avec des poils]


dimanche 15 juillet 2007

Bain de jouvence

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Les Sonic Youth devraient ils changer de nom ? Quelle question : lorsque leur premier (et assez moyen) mini LP a été publié en 1982 sur Neutral records, Lee Ranaldo était âgé de 26 ans, Kim Gordon en avait 29, le plus jeune était Thurston Moore avec 24 printemps (je ne compte pas Richard Edson qui après s’en est allé faire du cinéma, pour voir sa bouille il suffit de regarder Stranger Than Paradise de Jim Jarmusch) et à cette époque New-York, Washington DC et toute la côté est des Etats-Unis voyaient proliférer des groupes emmenés pas des gamins d’à peine 18 ans -Ian MacKaye de Minor Threat en avait 19- qui revendiquaient la violence musicale ainsi qu’une certaine conscience politique, c’était le hard core. Fascinés par une telle effervescence (surtout Thurston Moore) et initiant ce qui allait devenir leur légendaire distanciation de poseurs, une leçon apprise du Velvet Underground et d’Andy Warhol, nos quatre new-yorkais s’autoproclamèrent jeunes et bruyants pour la vie.
Six années plus tard, en 1988, paraissait Daydream Nation et les Sonic Youth -désormais accompagnés du jeunot Steve Shelley à la batterie- se revendiquaient toujours de leur éternelle jeunesse et publiaient là leur album le plus vert à ce jour, une véritable volée d’éclats, un double LP avec cette pochette fascinante d’après une peinture de Gerhard Richter.






















Ce disque vient d’être réédité en version double CD (ou quatre LPs) et ce texte s’adresse à tous les imbéciles heureux (comme moi) qui ont cassé leur tirelire pour acheter cette nouvelle version. Il s’agit du troisième album de Sonic Youth (et a priori c’est le dernier de la liste) à se voir infliger le traitement deluxe -un remastering (?) du LP original et l’adjonction d’un deuxième disque d’inédits ou de raretés- et c’est de très loin celui pour lequel cela est entièrement justifié. La première raison est qu’il ne faudrait jamais cesser d’écouter Daydream Nation, qu’importe la version -tout le monde connaît cette histoire de Lester Bangs invité chez des gens et vérifiant toujours l’état d’usure de leur exemplaire de White Light/White Heat : dans quel état est votre exemplaire de Daydream Nation ?
La deuxième raison est que les bonus sont biens, essentiellement du live, quasiment tout l’album en version concert avec un son de qualité et des interprétations qui défrisent largement plus que la moyenne et remplaceront aisément tous les bootlegs entassés depuis vingt ans. Il y a également quelques enregistrements studios comme la reprise de Touch Me I’M Sick de Mudhoney (initialement sur un split du single club de Sub Pop), une reprise de Captain Beefheart (extrait d’un album tribute), une autre de Neil Young (idem) et enfin une dernière reprise de Within You Without You. Là, cela sent la perplexité : je connaissais tous les titres repris ici mais celui-ci ? Jamais entendu parlé jusqu’à ce que son écoute me rappelle au bon souvenir de cette chanson des Beatles sur l’album Sergent Pepper’s, une chanson écrite et interprété par Georges Harrison et que d’ailleurs je n’aime pas beaucoup, avec son sitar dégoulinant et son psychédélisme de baba tantrique. Mais une chanson qui va terriblement bien à Sonic Youth -Lee Ranaldo, c’est bien connu, sait très bien faire la voix qui traînouille et les guitares dissonantes remplacent parfaitement le sitar, ouf.
J’ai reçu un mail, publicitaire, me ventant les mérites de Daydream Nation : élu par Rolling Stone Magazine parmi les 500 meilleurs albums de tous les temps, référencé par la bibliothèque du congrès américain pour son intérêt culturel et esthétique, présent pendant plus de dix années dans la play list officielle de Radio Canut, hymne officiel des fêtes patronales du plateau de la Crois Rousse mais je me fous bien de tout ça. Je me fous tout autant de la petite tournée entreprise par Sonic Youth pour jouer dans l’ordre et en intégralité cet album. Tout ça parce que ce disque ne m’a jamais quitté et ne me quittera sans doute jamais.

samedi 14 juillet 2007

Future Of The Left






Des fois les choses vont trop vite, ou plutôt je ne devais pas regarder du bon côté : à peine le temps de découvrir McLusky, d’écouter un album qui avait attiré mon attention juste à cause de son titre vraiment formidable (The Difference Between Me And You Is That I’M Not On Fire chez Too Pure en 2004), de me précipiter sur celui d’avant (McLusky Do Dallas, 2002), à peine le temps de me demander qui sont ces trois types arrivant à concilier Hammerhead avec les Pixies que j’apprends que le groupe se sépare, que je n’ai plus qu’à me mettre mes envies de découvertes sur l’oreille en me contentant de McLuskyism, grosse compilation posthume (post thunes ?) -un CD en forme de best off, un deuxième de face B et un troisième d’inédits et de live, tout ça étant bien évidemment essentiel.
Et puis, un jour de désoeuvrement complet, je trouve cette vidéo de trois types psalmodiant quelques mots incompréhensibles avant de se mettre à brailler puis à tout balancer : grosse guitare, un son de basse MMmmmm, rythmique lourde, en un mot trois types faisant du hard rock tel qu’il devrait toujours l’être, basique, simple et efficace. Mon sang n’a fait qu’un tour, ce groupe s’appelle Future Of The Left et j’ai bien failli tourner de l’œil en découvrant que Andrew Falkous (guitare/chant) et Jack Egglestone (batterie) en faisaient partie -oui, deux anciens McLusky. Le troisième larron, le bassiste avec ce son MMMMMmmmmmmmmmm (enfin bref) s’appelle Kelson Tregurtha Mathias, bonjour mon garçon.


Deux jours après, alors que j’essayais dans un magasin d’échanger (même à vil prix) des DVDs pourris de films français lamentables offerts à mon travail contre des disques (quoi d’autre ?), je trouvais deux singles de Future Of The Left, tous deux édités par Too Pure, tiens, tiens. Après vérification je sais qu’il y en a aura un troisième qui sortira le 10 septembre prochain.
Je n’ai rien à redire sur le premier single trois titres si ce n’est que j’y trouve un peu plus de McLusky que sur la vidéo, les voix sont souvent doublées (guitariste et bassiste chantant en même temps) et sont dans un registre plus aigu et criard, 70’s allez je veux bien le dire, comme sur le formidable Adeadenemyalwayssmellsgood qui lui fait l’objet de la face A du deuxième 45 tours. Pour l’instant ce titre m’a l’air d’être un peu a part chez tous ceux déjà enregistrés (et disponibles) par Future Of The Left, sur disque il m’a d’autant marqué que j’ai plus de réserves sur March Of The Coupon Saints qui figure en face B et dont le refrain a un peu de mal à passer. Tout ça reste quand même assez basiquement punk dans l’esprit, ce qui bien sûr ne peut que me ravir.