samedi 9 juillet 2011

The Men / Leave Home






















Comme tout bon blogzinard du dimanche, celui-ci qui ne peut occuper ses longues journées d’oisiveté – parce que c’est tous les jours dimanche – qu’en écoutant à peu près tout ce qui peut bien lui passer entre les oreilles, j’ai sauté au plafond et failli mourir d’un arrêt cardiaque, à moins que cela ne soit d’ennui, dès la première écoute de If You Leave…, titre démarrant en grandes pompes l’album Leave Home de The Men. The Men sont un groupe de Brooklyn et dont on pourrait dire qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent… ou plutôt, The Men ne veulent qu’une seule chose, comme tous les groupes de Brooklyn, ils veulent se faire remarquer à tout prix.
Avec If You Leave…c’est plutôt réussi puisque ce titre nous plonge quelques vingt années en arrière du côté de l’Angleterre, on croirait entendre Ride dans une version quelque peu plus noisy que l’original – d’ailleurs l’album Nowhere de Ride ayant été superbement réédité cette année, on vous conseillera plutôt d’aller voir de ce côté-là. Et après ? Après The Men nous envoient un instrumental gentiment fadasse mais efficace c’est vrai (Lotus, tout ce qu’il y a de plus happy punk, parfait pour un générique d’émission de radio sponsorisée par la Ferarock, à condition de ne pas le faire tourner trop longtemps) et en fait Leave Home ne démarre vraiment – et l’intérêt qui va avec – que sur Think et sa saturation à tous les étages, son chant de braillard, son riff éculé mais tranchant et une certaine immédiateté qui jusqu’ici faisait défaut à The Men. Si on pensait enfin tenir ce disque on aura tort puisque L.A.D.O.C.H. brouille à nouveau les cartes mais cette fois ci dans un registre lent, lourd, poisseux mais tout aussi criard – le chanteur qui officie sur L.A.D.O.C.H. n’est pas n’importe qui malgré une certaine monotonie et un manque d’imagination certain. Mais ce titre finit lui aussi par être fastidieux et assez vain, principal défaut d’un disque sur lequel les chansons auraient pu être raccourcies d’une bonne moitié sans que l’on trouve quelque chose à y redire. Il ne suffit pas de tout jouer avec une énergie débordante pour que le résultat soit intéressant car au final, si The Men semblent beaucoup s’amuser, l’auditeur lui s’emmerde quelque peu.
The Men constituent ainsi une énigme : le groupe change de style à chaque titre et c’est plutôt risqué de sa part puisque la qualité ne suit pas forcément, on tourne alors rapidement en rond. C’est ce qui arrive fatalement sur le morceau sans titre qui ouvre la deuxième face et l’impression ne fait que s’accentuer alors que The Men continuent leurs sauts de puce d’un style à l’autre, sans grand génie et surtout sans grand intérêt – Bataille aurait même pu figurer sur l’album Sister de Sonic Youth mais, dîtes-moi, à quoi cela peut-il bien servir ? Un rapide coup d’œil sur les credits permet en outre de se rendre compte que le poste de chanteur est occupé à chaque fois par une personne différente (plus exactement ils sont trois à se partager le boulot) et c’est peut être un début d’explication sur le jeu de chaises musicales qui compose Leave Home. Seul point commun entre toutes les plages, le son résolument crado concocté par Ben Greenberg (de Pygmy Shrews et de Zs) avec une batterie particulièrement énervante à sonner comme une casserole trouée et à être tout à la fois omniprésente.
Leave Home a été publié par Sacred Bones records, label dont j’entends dire tout le plus grand bien alors que c’est la deuxième référence que j’en écoute et la deuxième déception que je subis... dois-je donner une troisième chance à Sacred Bones ? Peut-être le nouvel album que Zola Jesus s’apprête à y publier ? (je plaisante bien sûr).