vendredi 18 novembre 2011

NLF3 / Beast Me





On ne pourra jamais m’enlever de la tête – ni de mon petit cœur d’artichaut matérialiste – que le format vinyle 10’ est l’un des plus beaux qui soit, si ce n’est LE plus beau. Beast Me est le premier disque de NLF3 à paraitre sous cette forme myth(olog)ique, après une flopée conséquente d’albums de la part du trio. Le groupe des frères Laureau a visiblement voulu se faire plaisir… et grand bien leur en a pris : Beast Me est en effet d’une élégance folle, son artwork est des plus réussis, à la fois morbide et drôle, et – il s’agit tout de même du principal – les quatre titres de Beast Me sont autant de petites pépites, ciselées et précises, magiques et mystérieuses.
On retrouve Sur The Golden Path et The Unseen (les deux titres qui ouvrent chacune des deux faces) toute la musique de NLF3 telle que le groupe l’a développée avec succès sur ses deux derniers albums en date – Ride On A Brand New Time (paru au printemps 2009) et Beautiful Is The Way To The World Beyond (automne 2010) : cocktail probant d’influences des plus diverses sous la houlette des lignes de basse tour à tour charpentées et mélodiques de Fabrice Laureau. Il est toujours aussi flagrant de constater que la musique de NLF3 peut être aussi fièrement résolue et visionnaire alors qu’elle semble puiser toute son inspiration dans des sources à la fois très balisées et archi-connues – afro beat, soleil mexicain, post rock, kraut rock, etc.
Là où Beast Me devient encore plus passionnant, c’est sur les deux autres compositions du disque : Rites Of Olympus et surtout Beast Me, chacune placée en fin de face. On y découvre un groupe bien plus sombre, inquiétant, grouillant et faussement introverti. Rites Of Olympus donne en quelque sorte le La, plante le décor d’un clair-obscur crépusculaire rehaussé de sonorités presque industrielles ou en tous les cas inusitées chez NLF3 (mais toujours avec le réconfort massif procuré par la basse en lead). Avec l’éponyme Beast Me, on plonge carrément à pieds joints dans un cauchemar répétitif et envoutant mais un cauchemar, si ce n’est agréable, du moins balsamique, chaud, organique et débordant semble-t-il de désirs humains… c’est ce que laisse entendre la voix féminine lointaine et égrainant quelques paroles en guise de formules magiques (et que l’on peut lire au dos de la pochette du disque), des paroles brûlantes voire fiévreuses. Cette ultime composition n’a ainsi rien de sinistre ou de malsaine… au contraire on y décèle comme autant d’interrogations, entre doutes et certitudes, un moteur de vie.

Evidemment Beast Me a été publié par Prohibited records. Un coupon mp3 a été joint au disque ainsi qu’un petit autocollant rond reprenant le visuel de l’artwork – ce qui ne simplifie pas la tâche du chroniqueur lorsqu’on a deux filles à la maison.