lundi 13 septembre 2010

Boris - Torche / Chapter Ahead Being Fake























Boris… il y a bien longtemps que l’on a parlé de ces japonais capables du pire comme du meilleur. Et encore, même le pire – à savoir le heavy bublegum/metal karaoke dont lequel se vautre le groupe depuis quelques albums – trouve grâce à mes yeux. Un pécher mignon. Les voilà à nouveau dans l’actualité avec un split 10’ en compagnie de Torche. Dans les faits ce disque est disponible au pays du soleil levant depuis plus d’une année en format CD via le label japonais Daymare. Hydra Head devait donc s’occuper du reste du monde mais a quelque peu trainé la patte, échaudé par la sortie prématurée du disque au Japon qui a eu pour principale conséquence de voir les deux inédits de Boris et de Torche se retrouver sur tous les réseaux de peer to peer avant même la parution du vinyle. C’est aujourd’hui chose faite et question présentation Hydra Head a mis le paquet, redoublant d’ingéniosité dans le mauvais goût (cette pochette orange, rose et violette !) car souhaitant tout de même défendre son poulain, Torche, qui vient tout juste de publier un mini LP récréatif et sortira un album entier (très attendu) un peu plus tard.
Disons tout de suite que
Luna, long titre dépassant les 12 minutes et proposé par Boris, frise la catastrophe plus d’une fois. Un titre épique mais qui se perd dans les méandres d’une composition sans but apparent et qui est également dispersé aux quatre vents par un mix incompréhensible qui loin d’arranger les choses amplifie l’impression de coquille vide. Les voix sont particulièrement mal gérées – encore plus mal que d’habitude – et on aimerait entendre autre chose que cette batterie écœurante en mode blast beat du pauvre. Le solo de guitare est tout aussi affreux et si Luna n’avait pas duré aussi longtemps, on aurait par pure pitié convenu que tout ceci n’est qu’une très mauvaise blague. Carton rouge pour Boris.
De l’autre côté,
Torche fait au contraire le carton plein avec King Beef. Moment plutôt décisif puisque ce titre est le premier publié avec le line up du groupe réduit à trois depuis le départ du guitariste Juan Montoya en 2008. Gros son, batterie tribale, riffs fondus dans les hauts fourneaux du diable, lourdeur entrainante du panzer dévastant l’arrière pays polonais et chant harangué, King Beef a tout du hit mais est à mille lieues du bitch metal de l’album Neanderthal. Bien plus sombre. Bien plus méchant. C’est fini de rigoler. King Beef aurait ainsi pu constituer un excellent présage pour le nouveau mini album de Torche, Songs For Singles, mais aux dernières nouvelles il n’en serait rien, ce qui n’est finalement guère surprenant avec un nom de disque pareil qui laisse avant tout penser que Torche n’en a pas tout à fait fini avec la grosse poilade.